la vie financière le 14/01/08
Le spécialiste des services industriels va enfin voir ses efforts commerciaux récompensés, avec, à la clé, plusieurs très gros contrats.
Les actionnaires ne tarderont pas à apprécier les retombées de ces opérations.
Patiemment, depuis plusieurs
années, l’industriel du Nord sème ses graines en terre étrangère… et la récolte va enfin commencer : le groupe a signé, ou est en passe de le faire, plusieurs gros contrats de transfert (démontage de sites industriels en France et remontage à l’étranger) ou de construction d’usines. Un premier,
de 64 millions d’euros, pour la construction d’une usine de méthanisation de déchets ménagers
(capacité de 100 000 tonnes)
a été conclu en Ukraine (un acompte de 9 millions est attendu
courant janvier). Un autre du même type, en Azerbaïdjan, est en négociation très avancée. Ensuite, le groupe devrait entreprendre
le démontage d’une sucrerie espagnole au cours des prochains mois afin de la transférer
en Egypte. Un acompte sur ce contrat de 15 millions est également attendu d’ici à fin février.
D’autres négociations sont en cours pour des transferts de sucreries car la législation européenne
incite les producteurs à réduire leurs capacités.
Enfin, le projet qui retenait l’attention
de tous était le transfert
d’une centrale thermique vers l’Afrique australe, avec des facturations de 150 à 200 millions d’euros à la clé. « Là aussi, explique
Jean-Michel Hiolle, les négociations
sont très avancées, notre client britannique nous ayant déjà versé 150 000 dollars pour réserver une centrale. » L’option reste néanmoins à valider…
Valorisation modeste
Ces contrats vont changer, pour ne pas dire bouleverser, la physionomie
du groupe. Qu’on en juge : en 2007, Hiolle Industries devrait dégager un résultat opérationnel
courant de l’ordre de 8,5 millions d’euros
(+ 21 %), pour 84 millions d’euros de facturations (+ 25 %), et le bénéfice
net s’établir à environ 5,1 millions d’euros (+ 24 %). Or certains de ces contrats, explique
Jean-Michel Hiolle, seront en partie facturés en 2008. La sucrerie espagnole pourrait être démontée en totalité en 2008 (15 millions d’euros), alors que la construction, donc la facturation
de l’usine en Ukraine, s’étalera sur 2008 et 2009. Quant au transfert d’une centrale
thermiquede
la France vers l’Afrique australe, ses opérations
s’échelonneraient de 2008 à 2011. La marge opérationnelle de chacun de ces contrats promet d’être largement supérieure à celle du groupe (10,1 % estimés en 2007), c’est peu dire qu’ils vont entraîner une envolée des bénéfices. En outre, les autres métiers du groupe maintiendront
un rythme de croissance à deux chiffres. Les services industriels
(maintenance ferroviaire, usinage, conception électrique, ingénierie, montage et les activités
liées à l’environnement (fabrication de chaînes de dépollution
d’automobiles, systèmes de traitement de l’air et de l’eau, conception et installation d’usines
de production électrique à base de biomasse, d’énergie solaire…) connaissent en effet une croissance régulière et solide.
Enfin, le groupe vient d’acquérir
pour 7 millions d’euros (dont 2 millions de trésorerie) Graff, société de maintenance
industrielle et de construction de machines spécialisées
dans l’environnement
(9 millions d’euros de chiffre d’affaires, 10 % de marge nette récurrente).
Ainsi, selon l’importance de la facturation relative aux grands contrats et la marge afférente, le groupe pourrait afficher entre
120 et 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008, dégager un résultat opérationnel
courant compris entre 15 et 19 millions d’euros et un bénéfice
net d’au moins 10 millions (+ 100 %). Ce qui fait apparaître une valorisation d’une douzaine de fois le bénéfice net estimé et une valeur d’entreprise inférieure à 8 fois le résultat opérationnel courant. Un prix très raisonnable compte tenu de la nature des activités, des perspectives de développement sur des secteurs porteurs et de l’excellente santé financière (trésorerie nette estimée
à 8 millions d’euros fin 2007) du groupe.
Enfin, l’introduction en Bourse de la toute jeune filiale Hiolle Energie, envisagée dans le courant
de l’année pourrait, en fonction des niveaux de valorisation
acceptés par les investisseurs, souligner davantage la modeste valorisation
du groupe. Spécialisée dans l’énergie solaire, Hiolle Energie exploitera
des centrales photovoltaïques de production électrique dont elle sera propriétaire,
centrales construites par sa filiale commune avec le groupe Clipsol. Concrètement, Hiolle Energie, qui vise 8 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, louera des toitures de bâtiments
industriels sur lesquelles elle installera des panneaux solaires.
Une activité capitalistique à forte visibilité qui devrait séduire les investisseurs…
christophe descamps
[ Notre conseil :Acheter.
Les gros contrats et l’introduction en Bourse de Hiolle Energie devraient avoir un effet substantiel sur le cours